Nos Plumes  : Gérald GUERY

Cercle Généalogique de Vincey et du Bailliage d’Epinal

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La reconstruction dans les Vosges


La libération des communes vosgiennes, de septembre à novembre 1944, a connu des épisodes dramatiques, notamment des destructions et des déportations. Le Département des Vosges fut l’un des départements français les plus sinistrés au cours de la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Parmi les communes meurtries, citons Charmes, LA Bresse et Saint-Dié-des-Vosges.

Le 5 septembre 1944 la ville de Charmes fut incendiée au deux tiers par l’armée allemande qui déporta 157 hommes âgés de 14 à 65 ans, parmi lesquels 94, dont le Maire Henri Breton parti volontairement, périrent dans les camps de concentration. La reconstruction de la ville, commencée le 11 mai 1947 fut officiellement célébrée le 20 juillet 1952 par Vincent Auriol, Président de la quatrième République Française, venu dans la première ville de France entièrement reconstruite après les destructions de la Guerre pour lui remettre également la Croix de Guerre décernée à la Ville le 16 septembre 1948.

Le pilonnage de l’artillerie alliée sur La Bresse commença le 3 octobre et dura 6 semaines. Le 9 novembre l’armée allemande vida de sa population cette dernière commune avant la frontière de l’époque : entre 500 et 600 hommes de 15 à 65 ans furent envoyés comme manutentionnaires à Pforzheim, au nord de la Forêt Noire en Allemagne, tandis que femmes, enfants et personnes âgées errèrent plusieurs jours dans les environs enneigés. Seule l’église, non détruite resta debout au milieu des maisons brûlées et dynamitées.

La ville de Saint-Dié-des-Vosges connut pareil sort, avec l’incendie des constructions sur la rives droite de la Meurthe à compter du 14 novembre 1944 : 2000 immeubles détruits totalement et 1785 partiellement pour 10585 personnes sinistrées totalement et 1200 partiellement. Le désir de retrouver un cadre disparu pour continuer à vivre explique l’abandon du projet novateur de l’architecte Le Corbusier. La rue Thiers, reconstruite au même emplacement, retrouva progressivement son animation à partir de 1952.


Gérald Guéry

Un abécédaire du patrimoine des Vosges

Editions Agi’s  2005