Cercle Généalogique de Vincey et du Bailliage d’Epinal
18 rue du Pincieux
88450 VINCEY
Tel : 03 29 67 45 56
www//vincey-epinal-genealogie.com
Contact : CGHVBE@vincey-epinal-genealogie.com
Cercle Généalogique de Vincey et du Bailliage d’Epinal
18 rue du Pincieux
88450 VINCEY
Tel : 03 29 67 45 56
www//vincey-epinal-genealogie.com
Contact : CGHVBE@vincey-epinal-genealogie.com
N’oublions pas Félix Vazemmes :
Le 9 novembre 2001 décédait à l’hôpital de Golbey Moïse Del dit Félix Vazemmes. Quelques articles de journaux ont certes salué la disparition de cette personnalité mais on ne peut pas dire que cet événement ait suscité un grand battage médiatique, bien au contraire. Depuis le silence est retombé sur ce personnage discret, qui avait le défaut de ne guère solliciter les médias. Le présent article a donc pour but de briser ce silence et de rappeler au bon souvenir de nos contemporains la personnalité originale de Moïse Del, alias Félix Vazemmes.
Moïse Del était né le 8 mars 1914 à la Verrerie de Portieux, où avait travaillé son grand-père (dans une cité aujourd’hui démolie). C’était un lorrain de pure souche dont tous les ancêtres avaient gravité autour de la vallée de la Moselle, à l’exception de deux familles savoyardes installées dans notre région à la fin du XVIIème siècle. Après des études inachevées il avait commencé à travailler au début des années trente comme journaliste à la pige au «Journal de Metz ». Dès 1934, année de ses vingt ans, il avait rédigé sa première critique d’art dans la revue « Les voies lorraines ». L’art allait devenir dans les années de l’après-guerre, l’un de ses sujets de prédilection.
Cet autodidacte allait très vite produire une œuvre particulièrement riche et éclectique, et dont la majeure partie n’a d’ailleurs jamais été publiée. L’œuvre de Moïse Del, qui avait adopté pendant la guerre le pseudonyme de Félix Vazemmes, s’est construite autour de quatre pôles principaux : la poésie, le théâtre, la critique d’art et l’histoire locale.
La poésie : Félix Vazemmes ne cessa d’écrire des poèmes, tout au long de sa vie. A notre connaissance seuls deux recueils ont été publiés : « Les venelles éclairées » (134) et « Sans rime, ni raison » (1963). Il est probable que beaucoup d’autres poèmes sont restés dans des cartons… ou ont disparu.
Le théâtre : Félix Vazemmes écrivit de nombreuses pièces de théâtre (une quinzaine semble-t-il), surtout durant les années soixante. La moitié d’entre elles furent interprétées sur Radio Lorraine Champagne ou Radio Jéricho, les autres sont restées inédites. Le sujet de ces pièces était particulièrement éclectique : certaines avaient une trame historique (Charles II de Lorraine, Lunéville et la Peste, Philippe de Gueldre, Brunehaut d’Austrasie, etc…) tandis que d’autres abordaient les sujets les plus variés, y compris… la vie de Che Guevara (L’année des urubus).
L’histoire locale : Félix Vazemmes avait élu domicile à Essegney, village tout proche de Charmes. Tout naturellement il s’intéressa à l’histoire de son village d’adoption ainsi qu’à celle de Langley et à celle de Vincey (seul ce dernier ouvrage a été édité).
Les arts : C’est à mon avis le domaine que Félix Vazemmes a le mieux maîtrisé et le mieux illustré car cet autodidacte avait acquis au fil des années une remarquable culture artistique. Son livre «Graveurs et Illustrateurs de Lorraine » publié en 1986 par Jean Marie Cuny dénote une connaissance profonde, non seulement des artistes lorrains du XVIème au XXème siècle mais aussi la capacité exemplaire à les mettre en perspective par rapport aux grandes tendances artistiques de leur époque. Félix Vazemmes aimait l’art et s’il a surtout écrit sur les artistes lorrains (il avait rédigé un livre resté – lui aussi – inédit sur les grands artistes lorrains de Ligier Richier à nos jours), il s’intéressait à beaucoup d’autres artistes, tel Robert Delaunay, sur lequel il écrivit une notice (inachevée).
Détail important : Félix Vazemmes avait lié amitié avec certains artistes, en particulier, avec un peintre allemand peu connu en France bien qu’il ait peint Metz sous l’annexion : Willy Reue.
Félix Vazemmes était curieux de tout et s’intéressait accessoirement aussi à la littérature et à la philosophie (deux matières qu’il enseignera par ailleurs). Ainsi il commença la rédaction d’un ouvrage sur le poète allemand Rilke et on sait qu’il appréciait beaucoup le philosophe Nietzsche. Félix Vazemmes était avant tout passionné par Barrès et il s’employa à défendre le grand écrivain lorrain contre ses – nombreux – détracteurs dans sa brochure de 1996 intitulée : « Justice pour Barrès ».
Tout en creusant ses quatre sillons Félix Vazemmes continua parallèlement de collaborer avec de nombreux journaux et revues (« L’Est Républicain » dont il fut correspondant à Charmes, « Le Messin », « Le Courrier de Metz », « Le Lorrain », « Les Dernières Nouvelles d’Alsace » et, bien-sûr, « La Revue Lorraine Populaire », à laquelle il confia de nombreux articles sur des artistes lorrains). Ses piges ne suffisant pas à lui assurer un revenu suffisant il exerça des activités non littéraires : il fut successivement aide-comptable, expert en dommages de guerre avant de poursuivre, à partir de 1958, une carrière d’enseignant dans divers établissements privés. Félix Vazemmes avait épousé en 1939 une Lilloise, Solange Barbier, décédée en 1991, et il avait adopté le fils de sa femme.
Telle fut la vie fort remplie d’un autodidacte lorrain, passionné par les hommes de son terroir et qui , à sa modeste échelle, sut puiser dans sa terre lorraine son goût pour une curiosité universelle. L’œuvre immense mais presque secrète de Félix Vazemmes s’est accomplie loin des « lumières de la ville » car l’homme était modeste et peu soucieux, semble-t-il, d’écouler sur le marché le fruit de ses recherches et de ses rêves.
On ne rencontre pas tous les jours une telle personnalité, à la fois riche et discrète. On ne rencontre pas tous les jours un homme qui a su parler intelligemment de la Lorraine et de ses artistes. Alors il serait vraiment injuste d’oublier Félix Vazemmes.
Patrick MOUILLERON
« Revue Populaire de Lorraine »
Patrick MOUILLERON
Parisien, mais fils de lorrains exilés dans la capitale, Patrick Mouilleron passait toutes ses vacances chez ses grands-parents à Igney… où il découvrit, dans une malle du grenier de son grand-père, de vieux papiers qui lui transmirent le virus de la généalogie. Sa formation de juriste l’entraîne vers les milieux bancaires, mais après 15 ans de travail dans ce domaine, il entame une reconversion qui le rapproche de sa passion généalogique, puisqu’il choisit de préparer l’agrégation d’histoire géographie.
Parallèlement, il s’implique totalement dans la vie de l’Union des Cercles Généalogiques Lorrains, et devient en 1996 rédacteur en chef de la revue Généalogie Lorraine jusque l’an passé.
Aujourd’hui en poste à Metz, il essaie de transmettre à ses élèves sa passion de la généalogie. Il collabore toujours à de nombreuses parutions dont La Revue Populaire de Lorraine… d’où est extrait cet article sur Moïse DEL, alias Félix VAZEMMES, qui fut un de nos adhérents et qui nous manque beaucoup…









Cercle Généalogique de Vincey
et du Bailliage d’Epinal
18 rue du Pincieux
88450 VINCEY
Tel : 03 29 67 45 56
www//vincey-epinal-genealogie.com
Contact : CGHVBE@vincey-epinal-genealogie.com