Chaque année se tenait vers la Saint Martin, une assemblée générale de tous les maires du bailliage de Châtel Sur Moselle appelée « plaids annaux », sous la présidence du Procureur de Son Altesse Royale ou d’un conseiller au Tribunal du Bailliage.
On renommait alors les fonctionnaires de la communauté de chaque village pour l’année à venir : maire, sergent, greffier, bangard, c'est-à-dire les gens de justice, ceux-ci étant renouvelables tous les ans. Après leur avoir fait prêter serment, le conseiller confirmait les anciens règlements ou en promulguait de nouveaux, par exemple : il défendait de fréquenter les cabarets, de faire charivari aux noces, d’aller dans les écuries avec des lanternes non fermées, d’enlever les grains non encore dîmés…
Enfin on dressait le procès-verbal de la séance, qui était signé de tous les fonctionnaires nommés, et tous ensemble allaient dîner, ordinairement aux frais du Seigneur.
Il n’y avait pas de bâtiment de mairie dans les villages, c’était le greffier qui avait tous les documents de la communauté. Au cour de l’année, les bangards ou gardiens du ban (nos gardes champêtres) constataient les délits et dressaient les procès-verbaux : par exemple s’ils trouvaient un cheval ou des vaches dans une pâture interdite, vol dans les jardins ou dans les chènevières, rapine des fruits champêtres, etc… c’était à l’occasion des plaids annaux, que les amendes étaient payées.
Bien que les absences aux plaids soient frappées d’une amende, il arrivait qu’il y ait des récalcitrants. Le 29 juillet 1729 le procureur de S.A.R. au bailliage de Châtel, demande l’aide des autres communautés pour faire venir aux plaids les représentants des Verrières d’Onzaine : «Les maires de Villacourt, Monzey, Saint Remy, Langley, Portieux et Magnienville, ont presté du consentement du consentement de S.A.R. le serment de bien et fidèlement faire les fonctions de maire dans leurs communautéz et d’y entretenir les intérêts de S.A.R., ajire contre la communauté des Verrières d’Onzaine pour nous présenter un ou deux habitants du lieu à l’effet d’en choisir un pour faire les fonctions de maires du même lieu ». Fait en l’auditoire du bailliage de Châtel. (A.D.V. B 3484)
Les plaids annaux étaient le seul souvenir encore subsistant des temps éloignés où le Seigneur rassemblait ses vassaux pour recevoir leurs hommages et leurs redevances, ils disparurent à la Révolution avec la suppression des bailliages.
Fonctionnaires de la communauté de Magnienville pour l’année 1753
Maire : Nicolas TOUSSAINT
Lieutenant du Maire : Joseph HOUEL
Greffier : Jean ROUSSEL
Sergent : Jean RUER
En 1729 et 1730 le maire est : Claude LHUILLIER
1731 Etienne VAIREL
1732 Jean HUGUENIN
1733 – 1734 Jean ROUSSEL
1735 François TOUSSAINT
1736 Georges CLEMENT
1737 Jean RUER
1738 Joseph HOUEL
1739 Jean RUER
1740 Etienne GERARD
1741 Léopold AUBRY
1742 François TOUSSAINT
1743-1744-1745 Jean De L’AIGLE
1746-1747-1746 Joseph MARY
1749-1750 Jean ROUSSEL
1751 Nicolas TOUSSAINT
1752 Joseph HOUEL
1753 Nicolas TOUSSAINT
1754 Nicolas MAURICE
1755 Joseph HOUEL
1756 Nicolas VALE
1757 Charles FLEURENT
1758 Jean RUER
1759 Nicolas MAURICE
1760 Nicolas VATHE
1761 Claude PERSIN
De 1729 à 1761, la communauté de Magnienville est représentée chaque année aux plaids annaux à Châtel, après 1761, je ne sais pour quelle raison, cette communauté en est toujours absente.
Le 14 février 1757 le Sieur Barthélemy ANCIAUX est fermier du domaine de Magnienville, le Sieur Jean DESTORD est Directeur de la Verrerie, y résidant.
En 1802, dans la grande enquête prescrite par le 1er Consul, on ne trouve plus que six verreries dans le département des Vosges. Entre autres Magnienville ou Verrerie de Portieux : il y a alors 36 ouvriers, fabriquant du verre blanc de belle qualité, se vendant surtout dans le midi de la France et en Espagne.
Alain CLAUDE