La Lorraine Plan du site
 
Nos Adhérents Nos Vosgiens dans l’Histoire  Liens Départements
Limitrophes Tout sur le chou Dans l’temps ...
Nos villages Epinal
Le Cercle Vincey Accueil  Racines étrangères Portieux 
La Verrerie
La Révolution et l’Empire  La  Presse La Lorraine
strokestrokestrokestroke
Cercle Généalogique de Vincey
et du Bailliage d’Epinal
 
18 rue du Pincieux
88450 VINCEY
 
Tel : 03 29 67 45 56
 
 Le BlasonLa%20Lorraine%20Le%20Blason.htmlLa%20Lorraine%20Le%20Blason.htmlshapeimage_33_link_0
 
La CroixLa%20Croix%20de%20Lorraine.htmlLa%20Croix%20de%20Lorraine.htmlshapeimage_34_link_0
 
Le ChardonLe%20Chardon%20Lorrain.htmlLe%20Chardon%20Lorrain.htmlshapeimage_35_link_0
 
Si nul livre d’histoire n’accueillera dans ses pages le nom de Paul, son esprit, envolé au-delà du volcan éteint d’Essey-la-Côte, a rejoint ceux de tous ces hommes et femmes qui, dans la gloire de l’instant et de l’avenir, ont marqué leur temps. Dans une quête difficile, je les ai cherchés, entre Moselle et Meurthe, pour leur redonner vie. Et pour els réunir autour de la conviction de Dom Calmet qui, bien avant l’heure, osait avancer : « En général, la Lorraine produit d’aussi bons esprits qu’aucune autre province d’Europe. On ne sait que trop, par expérience, que si dans les provinces il se trouve quelque esprit né avec des talents extraordinaires, il est obligé de s’exiler, pour ainsi dire, de son propre pays, pour chercher ailleurs à perfectionner, par le secours des étrangers, les faveurs dont la nature l’a orné : s’il demeure en sa patrie, il doit s’attendre d’y vivre ordinairement, sans éclat et sans récompense, et d’y voir ses talents ensevelis dans l’obscurité et l’oubli. »
La mémoire est ainsi faite qu’elle peut imaginer la réalité et créer des situations qui auraient pu exister dans les limites de la vraisemblance. Il suffit, certains jours, d’ouvrir grands les yeux pour apercevoir Emile Coué flânant Place Stanislas, croisant un enfant à pèlerine, peut-être Etienne Drioton, le futur « Chanoine des Pharaons », ou encore l’oncle Alban, l’illustrateur de génie faisant claquer ses galoches sur les pavés d’une rue où le lilas va fleurir. Ce jour-là, choisi dans la nuit des temps, Camille Croué-Friedmann ne sait pas encore qu’elle va trouver amour et fortune aux Amériques, tandis que la pensée d’Albert Bergeret, sur les ailes des mouettes du vitrail de Gruber, s’envole vers un pays où tout se conjuguerait en cartes postales. Elle eût été bien confuse, la petite sœur Julie, avec sa cornette de travers, de voir qu’en hommage à sa bravoure, Gallé a crée ses plus elles orchidées de verre. Les chemins se coupent et se recoupent, faisant surgir ici une petite fille qui ne s’appelle pas encore Gyp, là des mirabelliers en fleur sous la neige de Jean L’Hôte, la couronne de « prince de la rue » de Laverny, les « paysanneries » de Chepfer, et de tous les autres, dont l’empreinte demeure dans les pierres qui, elles aussi, ont une âme.
Peintres et sculpteurs les ont mis en portraits, sur une musique qui pourrait être celle de Gustave Charpentier, dans un drame de boulevard signé Guilbert de Pixérécourt. Héros de guerre, universitaires de génie, écrivains, philosophes, inventeurs, poètes ou anonymes, ils ont la gloire en commun. Peu importe leur lieu de naissance puisque, même lorsqu’ils sont venus d’ailleurs, ils ont fait le choix de leurs racines en donnant leur cœur à la Lorraine.

						Roland Erbstein 2005
					Avant-propos de « Racontez-moi la Lorraine »